Du 12 janvier au 18 janvier 2018, Tinkisso et toute son équipe a reçu dans le cadre du partenariat Antenna-Tinkisso la visite d’un chercheur burkinabé dans le cadre d’une étude sur la production du Chlore’C. Mr YO Hamed Arthur est le porteur du projet BILADA au Burkina Faso. C’est un projet de production et de vente de solutions chlorées pour le traitement de l’eau au point d’utilisation. Mr YO Hamed Arthur voudrait initier cette expertise dans son pays pour minimiser les maladies liées à l’eau et promouvoir les pratiques de l’hygiène. A cet effet, il s’intéresse à la démarche marketing, communicationnelle et la gestion administrative et financière ainsi et surtout aux techniques de production de la solution chlorée, tout point pouvant efficacement contribuer à la réussite de son projet.

Mr Yo a bien voulu se prêter à notre interview.

Bonjour Mr YO, présentez-vous s’il vous plait.
<<Je suis Hamed Arthur YO, un passionné du secteur eau et assainissement, convaincu que la participation communautaire est la clé du développement en Afrique. Je considère que le succès de ce projet constituera mon plus grand apport concret au développement de mon pays. Je suis soutenu par la fondation Suisse ANTENNA et accompagné par un incubateur d’entreprises sociales, LA FABRIQUE>>.

Vous travaillez sur un projet de création d’entreprise de production de solution chlorée et vous êtes en Guinée depuis quelques jours, peut-on connaitre la raison de votre visite ?
<<Je suis en Guinée dans le cadre d’un voyage d’étude auprès de l’ONG TINKISSO ANTENNA qui est à nos yeux un modèle d’entreprise sociale et locale qui a réussi à combler un gap social réel à travers des partenariats réussis avec les institutions gouvernementales et internationales. Elle a pleinement contribué à pourvoir au besoin de chlore à des moments bien critiques pour assurer une eau potable ainsi que pour la prévention des différentes flambées épidémiques en Guinée. Je suis donc venu m’inspirer du parcours de TINKISSO, apprendre des expériences qu’elle a pu capitaliser et bien entendu recevoir une formation technique autant sur la chaine de production que sur d’autres volets tels que le marketing, la communication et la gestion administrative et financière>>.

Vous avez visité les locaux de Tinkisso et discuté avec les responsables des différents départements, quelles leçons en tirez-vous ?
<<Les échanges avec les différents responsables de département m’ont permis d’en apprendre sur le parcours de TINKISSO, d’apprécier son organisation globale et la structuration de chaque département. J’ai trouvé des équipes très professionnelles, confraternelles, passionnées par leur métier, conscientes et fières de leur impact sur leur communauté. J’en déduis qu’il y a un management participatif qui responsabilise chaque membre de l’équipe et le valorise. Un tel résultat est enviable et hautement inspirant. Quand bien même j’ai compris que le chemin pour y arriver a été long et très difficile, je retiens que tout est possible, mais rien de bien ne s’acquiert facilement>>.

Qu’avez-vous retenu de votre visite au laboratoire de production ?
<<L’objet de ma présence au laboratoire est de m’approprier les techniques de production. Nous avons à cet effet, reçu une formation pratique sur la technique de production du « CHLORE’C », solution chlorée pour le traitement antimicrobien de l’eau de boisson. Nous avons également réalisé des tests de contrôle qualité suivant trois méthodologies différentes. Nous avons appliqué un dosage d’oxydo-réduction, utilisé un photomètre et employé des tests standards commerciaux pour déterminer la qualité des solutions chlorées produites. Parallèlement, nous avons pu voir les installations pour la production du gel moussant et du vinaigre. En chiffre, nous avons en une demi-journée produit 600 litres de chlore concentré à 1,25% ainsi que 400 litres de gel moussant>>.

Peut-on parler de partenariat entre votre organisation et Tinkisso ? Si oui, quel type de partenariat ?
<<Aujourd’hui, TINKISSO nous a ouvert ses portes pour nous former et contribuer à la concrétisation de notre ambition d’installer une unité de production de solution chlorée. Le chemin vers la maturation est encore long et nous savons que nous pouvons encore compter sur l’accompagnement technique de TINKISSO. Il y a donc bien à ce titre un partenariat où d’une part nous nous engageons à faciliter l’accès des solutions chlorées aux communautés vulnérables du Burkina Faso et d’autre part TINKISSO qui nous apportera son soutien technique et bien plus l’inspiration morale. En recevant aujourd’hui, nous espérons pouvoir un jour en faire autant pour un tiers et ainsi maintenir voire développer une chaine de partenariat Sud-Sud>>.

Quel sera l’impact de cette expérience dans votre pays et quelles sont vos perspectives à court, moyen et long terme ?
<<BILADA signifie « enfant jovial » en langue moré ce qui traduit ma détermination à rompre avec le traditionnel visage d’enfants africains miséreux. Ce projet dont je suis le porteur traduit le rêve d’une Afrique-subsaharienne dans laquelle toutes les communautés vulnérables ont un accès durable à des produits de désinfection locale, commode et sûre pour la prévention des maladies hydriques et des infections associées aux soins.
Pour l’année 2018, nous espérons mettre en place une unité de production de solutions chlorées fonctionnelle. De fait, il me faudra à mon tour former et encadrer une équipe de production à partir des connaissances et compétences que j’ai pu acquérir ici. Puis nous commenceront notre distribution par le chef-lieu d’une des régions les plus touchées par la malnutrition et les maladies diarrhéiques. Il s’agit de la province du Sanementaga qui compte environ 700 000 habitants.
A l’horizon 2020, nous nous étendrons aux deux autres provinces de la région du Centre Nord et lancerons un second désinfectant pour la friction des mains dans les centres de santé.
Au-delà de 2020, nous espérons la disponibilité et la présence de nos produits partout dans le pays, mais surtout commencer à relever des impacts sociaux visibles à travers un recul conséquent des maladies diarrhéiques. Ce projet dont je suis le porteur traduit le rêve d’une Afrique-subsaharienne dans laquelle toutes les communautés vulnérables ont un accès durable à des produits de désinfection locale, commode et sûre pour la prévention des maladies hydriques et des infections associées aux soins>>.

Mr YO Hamed Arthur, merci d’avoir répondu à nos questions.
<<C’est à moi de vous remercier et remercier l’ONG Tinkisso>>.

Interview réalisée par Mariama SY

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